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Mémoires et transmission

 

Si je viens d’hier, je suis aussi d’aujourd’hui. Mon oeil exercé m’aide à poser un regard éclairé et vigilant sur ce qui est acceptable ou pas.

Mon écriture témoigne d'une époque, d'un moment, d'un état d'âme.

Comme un arc-en-ciel par dessus le siècle, en écrivant l'histoire de ma vie, je contribue à en améliorer sa qualité. Toutes ces heures passées, le dos penché à noter, à écrire parfois dans un cahier et depuis 4 ans sur l’ordinateur, sont des heures de méditation, de profondes réflexions. Ce fut ainsi dans ma jeunesse et c'est comme cela dans ma vieillesse.

Les rêves, les souvenirs, les héritages amassés au gré de mes longues années, sont entrecoupés de rides, de maquillages, d'œillades coquines à la dureté de la vie!  De la tendresse et de l'indulgence émanent de mon regard intériorisé vers une vision optimiste et confiante à l'égard de mes descendants, car la touche de poésie, que j’y mets permet d'alléger mon écriture. C’est en reliant  ainsi le monde ancien au monde actuel * Pour que l’histoire vive* qu’un peu de bonheur sera présent..

C’est le prologue de mon récit de vie.

 

Je laisse donc un document pas encore publié à mes cinq enfants, à leurs enfants et petits-enfants.

_ La transmission du savoir , des connaissances, des compétences , des secrets se fait chaque jour. Par notre exemple de vie, par des conseils lancés en l’air, peu importe s’ils sont suivis  au moment où on les donne, un jour ils sortiront de la bouche de nos enfants parce que leur oreille les auras  capté, sans le savoir.

Combien de fois dans nos conversations  avec ma soeur  nous sommes -nous posés la question: *Te rappelles-tu de ce que Maman ou Papa disait ?* .Ce pouvait être aussi, l’un des vieux oncles ou tantes qui ont remplacés nos grands-parents que nous n’avons pas connu.

Ma soeur Annette décédée depuis presque 2 ans maintenant a été ma correspondante fidèle depuis 1951, date à laquelle nous avons émigré au Canada. Annette était la dernière de cinq enfant qui composaient notre fratrie.

Je suis seule maintenant de cette fratrie. Elle m’a tant aidée et répondu à mes questions si souvent. Par lettre d’abord,  par téléphone plus tard dans les années 70.  Puis par internet.

Elle était une généalogiste née. Donc par ses trouvailles qu’elle me partageait,au fur et à mesure de ses découvertes  nous alimentions nos conversations. Elle était aussi une cartophile invétérée, Elle participait aux foires de cartes postales et à participer à des expos  dans son coin de pays.

 

Moi je suis plutôt aller vers l’écriture. J’ai débuté mon blog il y a 4 ans, à l’âge de 87 ans.  Je l’ai intitulé * Pour que l’histoire vive*. Chaque semaine  lorsque je publiais un texte , Annette était la première à me commenter ou à me trouver le sujet d’un autre article  En ce 22 octobre, j’ai plus de  40,000 passages dans mes statistiques.

On me dit que j’ai une belle écriture. Je peux donc dire , de ma belle écriture, à celui ou celle qui sait lire entre les lignes : il y a  matière à réflexion . Mes souvenirs, mes rêves, mes témoignages  sont mon plus bel héritage que je laisse à mes enfants. Ils n’ont pas connu la première partie de ma vie car ils sont nés  au Québec et moi au Cap Sizun  dans le finistère tout au bout de la Bretagne , la dernière pointe de terre avant l’Amérique.

 

Je m’approche de mes 92 ans. La mort, je la côtoie très souvent, car je demeure dans une résidence où je vois mes compagnes de temps en temps partir pour ne plus revenir. Un jour ce sera mon tour et avec moi s’éteindra un pan d’histoire. J’ai encore une assez bonne santé mais comme toutes mes compagnes c’est la peur de la souffrance  qui est ma seule  peur. Je ne crains pas ce que  je trouverai de l’autre côté de ce monde. Les actes que j’ai posé de mon vivant, je les ai posé  en toute conscience avec la capacité de jugement que la vie m’a prêté.

J’ai fait de mon mieux avec ce que la vie a mis sur mon chemin.

 

 

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Blandine Meil