l’histoire nous le dira



Le Pape est reparti. Le cœur triste par les histoires entendues. 

D’après moi il a fait son devoir  de Pape.  On l’appelle François.

Ce fut une longue semaine et des longues journées, pour les autochtones venus de loin,  demander  au Saint père la réconciliation . Des enfants, des parents et des grands parents , auxquels un jour des  individus sont venus enlever leurs enfants et les emmener vers des orphelinats écoles où ils ont subi toutes sortes de sévices , que je ne répéterai pas ici, les journaux vous renseigneront  mieux que moi .

 

Pour le vieillard François aussi, ce furent des journées pénibles , debout, assis , tenant très fort son bâton de pèlerin , de son déambulateur à la chaise roulante, puis dans sa papamobile . 

Mais il est venu,  suite à la demande d’un groupe d’autochtones qui a  fait le chemin jusqu’à Rome en 2018 je crois  ..François les a écouté, tendu l’oreille, plissé  les yeux , tout son physique parlait . 

Dans chaque rencontre qui lui était réservée ,il a dépassé son temps . 

Sa fatigue ne comptait pas. Il est venu en voyage pénitentiel . 

Un journaliste a répété qu’en  Europe quand il reçoit  les chefs  d’États , si la rencontre  est minutée à trente minutes, c’est trente minutes et pas une de plus. 

Une semaine  de découverte  de pays que je ne connaissais pas, d’un peuple , de plusieurs nations , les Innus, les Cris , et pour terminer ce peuple  au nord du Nord où l’on se rend seulement en avion Le Nunavut .

Tous ont chanté, montré, leurs talents de musiciens  et d’artistes , malgré les blessures , les douleurs subies dans leur chair de parents, lorsque les enfants revenaient parfois de l’orphelinat et qu’ils ne savaient plus communiquer dans leur langue maternelle. 

Les discours des premiers jours, n’ont pas eu la cote espérée, les premières nations en voulaient plus , surtout ceux qui étaient le plus touchés dans leurs chair. 

Puis, jour après jour , François  en rajoutait et le dernier mot qui a le plus soulagé les premières nations , le plus inatendu fut le mot Génocide . 

 

Une page est tournée qui marquera l’histoire  de ce peuple vaillant qui habite un beau pays de neige et de glace, de froidure et de verdure . 

Si quelqu’un peut  comprendre  ces peuples d’une certaine façon  ce sont bien les bretons à qui un jour on a aussi  défendu de parler leur langue. J’en fais partie. A cinq ans en entrant à l’école je n’avais pas le droit de parler en breton ni en classe , ni dans la cour d’école. Sinon  la pénitence était de rester planter debout tête contre le mur  pour être la risée des copines . C’est par la honte  que la république nous punissait. 

Malgré cela, je le  parle encore 96 ans . Je le chante encore ! et mes prières  sont toujours en breton .

Je vois sur la toile le  chemin parcouru par le peuple breton qui a remis l' étude du breton dans les Universités. Quel courage envers et contre tous . 

Le pape  a répété dans l’avion:la personnalité des peuples premiers est en  harmonie avec  la création . ils ont la capacité de la poésie . 

Blandine Meil 31 juillet 2020