coll de cartes

La Bête et le Boss

Polar, Éditions Thot

Auteur : Abdelkarim Belkassem

En Normandie, une série de meurtres trouble la quiétude des berges de la Seine (quatrième de couverture). 

Pour ceux qui connaissent Karim et Violette par leur blog, dans ce livre vous trouverez tous les endroits qui leurs sont familiers… et dont ils nous gratifient de leurs belles photos. Promenades au bord de la Seine, berges envahies par les eaux à marée basse, lieux de pique-nique, virées dans des petits restos de Rouen, de Saint-Étienne de Rouvray, et jusqu’à Dieppe même.

C’est dans ces lieux que Karim a campé son roman. Donc nous sommes presque en terrain connu.

Le commissaire Bilal Pantouf est né au Maroc, tout comme notre auteur. Il a aussi un chat. Son seul compagnon. Car la vie de policier en France est devenue trop dur, à cause de truands, de gens de la route sans papier, de la Mafia et de ses tentacules. Même dans le corps policier on trouve des collaborateurs, soit pour mieux filtrer la pègre où pour profiter de certains privilèges.

Bilal préfère vivre seul, car les familles de policiers sont souvent les cibles des truands.

Tout au long des 368 pages de ce livre, je trouve que le narrateur a dressé un portrait assez juste de la difficulté d’être policier en France aujourd’hui ! La difficulté de se faire respecter. La difficulté de maitriser son langage ou ses gestes devant des crimes odieux. Toujours garder son sang-froid et surtout la politesse pour garder le respect.

Nous sommes à la poursuite de criminels, qui n’ont plus rien d’humain. Le Boss et la Bête. Bête plus féroce qu’un diable. Boss qui donne d’une main et tue de l’autre.

Tout au long des pages Bilal s’est faufilé, caché afin de traquer la Bête jusque dans son antre au risque de sa propre vie.

La réalité et la fiction se croisent, tel ce curé tué devant la cathédrale de Rouen après une messe qui a réuni plusieurs confessions religieuses …

 Il se remémore souvent les paroles de son père quand il était jeune garçon au Maroc. Il récite les prières aux moments important avec les mots qui savent toucher les cœurs.

N’est-il pas question de consulter une voyante célèbre en Écosse ?

J’ai bien aimé son humour pour décrire les personnages qui croisent son chemin. Tel ce passage :

_Ça veut dire que j’ai une chance de t’inviter chez ma mère à Dieppe ? Il y aura la compétition du festival international de cerfs-volants. Si tu acceptes bien sûr ?

Avec plaisir. J’aimerais bien revoir ta mère, ça fait longtemps. C’est un bonheur avec elle. Elle me rappelle ma belle-mère, une femme de caractère avec une intelligence remarquable et un discours de philosophe. Tout ce que j’aime. Une femme d’esprit ! (fin)

(_ Ne dirait-on pas le portrait de la compagne de l’auteur ? Notre chère Violette)

 Je vous laisse lire ce polar passionnant et découvrir la fin que moi Blandine j’aurai écrit différemment par ces mots : *Toi Fille du Boss, je t’ai à l’œil jusqu’à la fin de mes jours*.

Blandine Meil